


Le mobilier est composé de dressoirs à 8 étages et de colonnettes torsadées en noyer. Les murs de cette pharmacie sont lambrissés de panneaux de chêne du sol au plafond. L'apothicairerie de l'Hôtel-Dieu de Baugé possède une collection unique de 16 albarelli, 91 piluliers, 95 chevrettes, 79 pots-canon et 3 bouteilles en faïence. Parmi ces pièces, des ensembles de faïences lyonnaises datent du XVIe siècle.
Pour conserver leurs préparations, les apothicaires de cette époque possèdent des pots spécifiques en fonction de la consistance des remèdes. Les albarelli ou pots canon sont employés pour la conservation de préparations solides ou pâteuses comme les baumes, les onguents ou les emplâtres.
Les piluliers, petits pots canon, sont utilisés pour la conservation de pilules et de poudres. Symbole de la profession d'apothicaire, la chevrette est destinée à conserver des sirops, des huiles et diverses préparations liquides. La ressemblance de son bec verseur avec la corne du chevreau lui donne ce nom de chevrette.
L'apothicairerie de Baugé possède également des récipients en verre dont 63 bouteilles d'époque en verre soufflé qui contiennent les divers alcoolats à base de plantes, ainsi qu'une centaine de petits verres à piédouche ayant le rôle de pilulier. Afin de préparer leurs remèdes, les apothicaires ont à leur disposition les matières premières entreposées dans des boites. A Baugé, on retrouve plus de 140 boites en châtaignier pour la conservation des matières végétales, minérales et animales desséchées.
Pendant près de 300 ans l'apothicairerie de Baugé est tenue par des sœurs apothicaires de la communauté des hospitalières de Saint Joseph. Leur savoir, principalement tiré de livres, se transmet oralement. Responsable de l'approvisionnement des drogues et des préparations, la sœur pharmacienne est également chargée de l'administration des remèdes aux malades.
