


Au XVe siècle, Yolande d'Aragon, mère de René d'Anjou entame la construction d'un château, à l'intérieur de la forteresse. Elle le brûle en 1436 durant la guerre de Cent Ans avant qu'il ne tombe aux mains des Anglais.
En 1471, René y séjourne pour la dernière fois avant de partir pour Aix-en-Provence.
En 1480, après la mort du Roi René, l'Anjou est rattaché à la couronne par Louis XI. La baronnie de Baugé et son château échouent alors dans les mains de différents « engagistes » qui perçoivent les revenus du domaine tout en assumant les dépenses de la seigneurie.
Ces engagistes appartiennent à d'illustres maisons : la famille d'Alençon, le Comte d'Enghien, la Comtesse de Soissons, Louise et Marie de Savoie-Carignan, la Duchesse de Luynes, le Duc de La Rochefoucault, le Duc d'Estissac. Enfin, la baronnie entre dans l'apanage de « Monsieur », frère du Roi, comte de Provence, futur Louis XVIII.
L'entretien du château est fort négligé car les gouverneurs successifs le délaissent. Ils préfèrent résider dans leurs hôtels particuliers. En 1790, il est très délabré.
En 1806, la gendarmerie à cheval vient y tenir casernement. Une partie du château est concédée à la ville de Baugé.
En 1807, des travaux de sauvegarde, puis de restauration, sont entrepris. En 1811 il s'en fallut de peu que le château ne soit mutilé, voire démoli, le maire de Baugé n'écrit-il pas au sous-préfet: « Pour moi qui envisage les choses en père de famille, ne croyant pas que les formes antiques d'un bâtiment irrégulier et sans grâce méritent d'être conservées, j'avais donné l'idée de ces réductions ». Il s'agit de la destruction des deux tours et de la diminution de hauteur des toitures.
En 1832, les travaux reprennent. En 1836, la partie orientale de l'édifice affectée à la gendarmerie est acquise par le Département. Le produit de la vente est consacré à la restauration de l'aile occidentale entre 1838 et 1843, siège de la mairie. Elle y reste près d'un siècle et demi. En 1844, on construit un petit théâtre dans l'ancienne salle des gardes, au rez-de-chaussée.
En 1901, le Département rétrocède à la ville la partie orientale occupée par la gendarmerie à cheval. Les locaux réaménagés accueillent la justice de paix , la caserne des pompiers, le musée de Baugé et les salles de répétition de la musique municipale.
En 1946-1947, sous la direction des Monuments historiques, les fenêtres à meneaux de la façade sont restaurées. A partir de 1960, des travaux importants de restauration extérieure du monument sont entrepris. L'année 1994 voit des fouilles complètes du sous-sol.
En 2002, tous les aménagements accumulés au cours des siècles sont supprimés pour rendre au monument son architecture primitive. Le 1er mai 2003, voit l'ouverture au public du parcours-spectacle, signé Yves Devraine.